PARTENAIRES - L'ART ET LA MATIÈRE

Depuis les débuts de la Maison, Cotélac a choisi de réaliser au sein de ses ateliers français les jeux de matière qui font de ses créations des pièces uniques, immédiatement reconnaissables : impressions sublimées, plissés cristal, soleil, en petits plis serrés, fins ou arrondis, mini religieuses, micro-plis bouillonnés… Autant de transformations parfois surprenantes permises par un savoir-faire unique. Notre expérience nous permet de reconnaître un savoir-faire artisanal quand nous le voyons. Comme nous ne pouvons pas tout fabriquer nous-mêmes, nous avons développé au fil des ans un réseau international de partenaires : nous recherchons les meilleurs producteurs et artisans, qui utilisent des méthodes authentiques et ancestrales pour créer quelque chose de vraiment spécial.
Tissage et broderies sur pièces en Inde, travail de l’alpaga au Pérou, maroquinerie au Portugal… ce sourcing relève d’un souci constant de recherche des meilleures matières premières et de technicités spécifiques. Quoi que nous fassions, nous préférons toujours l'authenticité à une pâle imitation.

Et pour la maille, l’une des passions originelles de Raphaëlle Cavalli, ce partenariat est particulièrement important.

Janelle Cox, Styliste adjointe au sein du bureau de création, nous explique pourquoi.

Le Journal : « Quand on regarde les étiquettes des pulls et des gilets Cotélac, le plus souvent, apparait la mention « Made in China » ? Ce n’est pas surprenant pour une Maison qui privilégie la qualité et le savoir-faire ?

Janelle : « En fait, non. De nombreuses pièces sont fabriquées en Chine, mais cela ne signifie pas qu'elles soient produites en masse dans des usines textiles géantes. Chez Cotélac, nous aimons travailler la « jauge fine[1] » C’est quelque chose de très technique : chaque point est très petit. Et donc chaque maille est remaillée à la main. C’est une réalisation extrêmement minutieuse et délicate dont la Chine s’est fait une spécialité depuis longtemps. Leur travail est très différent de ce qui est proposé par d’autres ateliers en Europe, par exemple. En Chine, on est vraiment à la recherche des détails, parfois minuscules. On le voit tout de suite même quand on fait la sélection des fils ».

[1] Jauge : quantité de mailles dans un carré de tricot

Le Journal : Par conséquent, vous pouvez faire réaliser des jeux de points inattendus ?

Janelle : « Absolument ! On peut leur demander toutes les techniques les plus compliquées. On envoie nos dessins et la réalisation suit. Même s’il faut parfois échanger et expliquer plusieurs fois ce que l’on veut réellement. On les connait depuis longtemps maintenant. Au fil des années, nous avons noué un véritable partenariat : c’est un mariage assez unique entre leur technicité et nos idées, notre manière de voir le produit fini. On leur a apporté une approche européenne dans leur façon de travailler, dans leur savoir-faire. Il en résulte des pièces absolument exceptionnelles. Un autre avantage de travailler avec des ateliers chinois est que lorsque nous utilisons du fil japonais (un fil que nous aimons pour son aspect et sa texture particulière), nous n'avons pas besoin de l'expédier à l'autre bout du monde : il part directement en Chine pour être tricoté ! »

Le Journal : c’est intrigant cette histoire de fils… comment ça fonctionne ? Pour créer un modèle de pull, vous partez d’un dessin ou d’un fil particulier ? Il faut s’y prendre combien de temps à l’avance ?

Janelle : le plus simple, c'est de détailler les étapes, de la conception à la fabrication du pull. On peut les résumer ainsi :

1/ Choix du fil.
C’est souvent à partir d’un fil qu’on va imaginer une pièce. Quand elles présentent leurs fils dans des Salons, les filatures font des études avec des échantillons de points. Cela nous permet d’avoir le potentiel du fil. On regarde comment on va l’utiliser. Quelles sont les grandes tendances de la mode, comment on va interpréter le modèle avec ce fil. Quel point on va choisir. Puis on va effectuer une recherche pour voir si un volume correspond à ce fil.

2/ Présentation de différents dessins.Les croquis sont présentés à Raphaëlle qui finalise le choix.3/ Élaboration de la fiche technique.On met toutes les mesures dans un fichier qui va servir à réaliser un prototype.

3/ Élaboration de la fiche technique.
On met toutes les mesures dans un fichier qui va servir à réaliser un prototype.

4/ Réalisation d’un premier modèle.Il n’est pas forcément fait tout de suite dans la bonne couleur. On le réalise parfois juste pour avoir une idée du volume.

5/ Réception du 1er modèle et corrections.
C’est rare qu’il n’y ait pas de corrections à ce stade. La maille, c'est vivant. Même si on fait des mesures exactes, ça bouge… Une mise au point est souvent nécessaire mais on essaie de faire un minimum d’allers-retours. Une fois le rectificatif réalisé, on essaie de s’y tenir jusqu’au « OK collection ».

6/ Lancement des répétitions.Une fois le modèle corrigé, on peut lancer les « répétitions ». C’est-à-dire, la collection en plusieurs exemplaires. Pour la production, le modèle sert à faire des essais de taille, des mesures, des gradations. On teste également le lavage, le vêtement porté, etc. Et quand on dit « OK style » on arrive presque à la fin ! Il y aura peut-être encore quelques changements, mais très peu. Plus c’est finalisé à ce stade, plus ce sera facile de lancer la production.

Le Journal : Et même si vous connaissez bien vos partenaires, on imagine qu’à chaque étape il peut y avoir des surprises ?

Janelle : Oui, d’autant que pour certains modèles, on va également étudier les couleurs en amont. Pour quelques thèmes, le mohair ou le coton par exemple, on ne va pas choisir la couleur dans une gamme déjà existante. On envoie notre couleur à Belinda (notre correspondante en Chine) et elle va lancer une étude de couleurs (ou lab dip) pour voir quel est le rendu sur la matière. Et ce n’est qu’au stade de la répétition qu’on verra la maille dans la vraie couleur !

Le Journal : Toujours ce goût de la recherche, de l’expérimentation ?

Janelle : Oui, c'est vrai. Les finitions, les jeux de maille, ce sont vraiment des caractéristiques de la Maison. On a quelques matières qui reviennent à chaque collection comme le Mérinos, léger et chaleureux. On l’aime pour sa main douce et sa maille fine. Il y a aussi, le mohair ou l’alpaga, une laine un peu rustique et très chaude. D’une façon générale, nous privilégions les matières naturelles. Quand nous choisissons d’intégrer d’autres matières, c’est toujours pour des raisons techniques. Certains mélanges ont plus de tenue, un rendu plus moderne. Et puis nous avons aussi le souci d’allier notre savoir-faire technique (les plissés, les sublimations…) avec la maille. Mais quelle que soit la problématique technique, nous choisissons toujours les fils qui garderont le toucher le plus agréable et le plus naturel.